Article d’Elisabeth Traiffort, 6 novembre 2023, revue neurologies.
Résumé :
La sclérose en plaques (SEP) est une pathologie neurodégénérative du système nerveux central au cours de laquelle une démyélinisation inflammatoire aboutit à la dégénérescence des axones, entraînant à terme des handicaps neurologiques irréversibles. La SEP touche trois femmes pour un homme et, par conséquent, l’influence des hormones sexuelles a fait l’objet de nombreuses recherches. Une étude récente démontre que les plaques démyélinisées des patientes atteintes de SEP expriment fortement le récepteur permettant aux hormones mâles (ou androgènes) de transmettre leurs effets. Des modèles animaux mimant cette pathologie indiquent que les hormones mâles sont indispensables pour une régénération optimale de la myéline détruite chez les femelles. De plus, leur mode d’action diffère selon le sexe puisqu’elles induisent une puissante activité anti-inflammatoire locale dans le tissu démyélinisé des animaux femelles, mais pas des mâles. Ces observations suggèrent l’importance insoupçonnée des hormones mâles chez les femmes présentant une SEP et la nécessité de prendre en considération le sexe des patients dans l’approche thérapeutique de la maladie.
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