Sclérose en plaques : pourquoi elle progresse plus vite chez les hommes

La sclérose en plaques touche près de 3 millions de personnes dans le monde, dont 115 000 en France. Grâce à l’étude du rôle des hormones sexuelles dans la maladie, on comprend mieux pourquoi elle évolue différemment selon le sexe. Explications d’Élisabeth Traiffort, qui a dirigé ces travaux à l’université Paris-Saclay.

Propos recueillis par Marie-Neige Cordonnier

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Pourtant, on sait de modèles animaux que ces hormones sexuelles sont importantes pour stimuler cette régénération. Mais la question qui restait en suspens, c’est le rôle exact des hormones mâles – qu’on appelle androgènes- chez les femelles. Souris ou humaines, en ont toutes, mais en petite quantité, dix fois moins que chez les mâles. Donc pour investiguer si ces androgènes ont un effet dans la sclérose en plaques, ces chercheurs et chercheuses ont recherché les récepteurs à ces hormones, dans différents modèles de démyélinisation chez la souris et dans des tissus de patients et patientes.

Résultat, il y a beaucoup de ces récepteurs aux hormones mâles à l’intérieur des lésions chez les souris femelles et très peu chez les mâles. Un résultat qu’on retrouve dans les tissus cérébraux d’hommes et de femmes atteints de sclérose en plaque.

Entretien avec Elisabeth Traiffort, directrice de recherche INSERM dans l’unité Maladies et hormones du système nerveux de l’hôpital du Kremlin Bicêtre et de l’Université Paris Saclay. Elle est co-autrice de cette étude parue dans Nature Communications.

LES MATINS DE CULTURE – Itw Elisabeth Traiffort

03/04/23 www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-journal-des-sciences