La vie intime, amoureuse et sexuelle : un droit… mais pas pour tout le monde ? Une grande majorité de Français considèrent que la vie amoureuse et sexuelle est un droit fondamental pour toutes et tous mais reconnaissent que les personnes en situation de handicap rencontrent davantage de difficultés dans leur vie amoureuse ou sexuelle. Ils se disent également favorables à la création d’un cadre légal pour un service favorisant l’accès à une vie intime et sexuelle à des personnes empêchées. C’est ce qui ressort de l’enquête OpinionWay réalisée pour APF France handicap. Décryptage des principaux enseignements.
Avoir une vie intime, affective, amoureuse et sexuelle participe à l’équilibre, à la santé et à la construction de soi. Ce besoin universel ne disparaît pas avec le handicap. Pourtant, les personnes en situation de handicap continuent de rencontrer des obstacles considérables pour faire des rencontres, nouer une relation, préserver leur intimité et vivre librement leur sexualité. Préjugés, peur du rejet, isolement, lieux inaccessibles, absence d’espace privé, manque d’accompagnement ou d’informations : leur vie intime reste conditionnée par l’environnement, l’entourage ou les institutions.
L’enquête OpinionWay réalisée pour APF France handicap et conduite en juin 2026 auprès d’un échantillon représentatif de la population française et d’un suréchantillon de personnes en situation de handicap offre un miroir à la société française sur ce sujet essentiel.
92 % de la population générale considèrent que la vie amoureuse et sexuelle est un droit fondamental pour tous.
90 % reconnaissent que les personnes handicapées rencontrent davantage de difficultés dans leur vie amoureuse ou sexuelle.
Une personne en situation de handicap sur deux a déjà renoncé à une relation amoureuse ou sexuelle par peur du regard, du rejet ou de l’incompréhension.
46 % ont déjà été limités par des contraintes matérielles, physiques ou d’accessibilité.
Et 42 % indiquent que le manque d’accompagnement ou d’informations adaptées a déjà entravé leur vie intime ou sexuelle.
94 % de la population générale sont favorables au fait que la vie intime et sexuelle des personnes handicapées soit mieux prise en compte dans les politiques publiques.
Plus encore, l’opinion publique est prête à des évolutions majeures : 81 % de la population générale et des personnes en situation de handicap sont favorables à la création d’un cadre légal pour l’assistance sensuelle et sexuelle, transformant le cadre juridique actuel pour améliorer la vie des personnes.
Pour notre association, ces résultats révèlent les conséquences concrètes d’une société encore validiste, qui reconnaît théoriquement un droit tout en échouant à en garantir l’exercice.
“La société reconnaît le droit, constate les discriminations et demande une action publique. Il ne manque plus que la volonté politique.”
Pascale Ribes, Présidente d’APF France handicap
Les revendications d’APF France handicap
Les résultats de l’enquête le confirment : reconnaître un droit ne suffit pas si les personnes ne disposent pas des conditions nécessaires pour l’exercer.
Il est nécessaire de mettre en œuvre une politique nationale garantissant à chaque personne en situation de handicap la liberté de faire des rencontres, d’aimer, de vivre une relation et d’avoir une sexualité, dans le respect de ses choix, de son consentement et de son autodétermination.
Cette politique doit agir simultanément sur l’accessibilité, l’accompagnement sensuel et sexuel, l’information, la santé sexuelle, la formation des professionnels, la prévention et la prise en charge des violences.
Notre association demande de :
-
Garantir le respect de l’intimité et de l’autodétermination
-
Lever les obstacles matériels et garantir l’accès à la santé sexuelle
-
Créer un cadre légal pour l’assistance sensuelle et sexuelle
-
Garantir l’accès à l’information, l’éducation et à la protection
APF France handicap appelle donc les pouvoirs publics à passer aux actes, avec le soutien de l’opinion publique et des personnes directement concernées. Pour les Français, en situation de handicap ou pas, l’intimité, la vie amoureuse et la sexualité ne sont ni un luxe ni une faveur. Ce sont des dimensions fondamentales de la vie humaine et un droit qui doit pouvoir être exercé librement, dans le respect du consentement, des choix et de l’autodétermination de chaque personne.
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